Regarder au lieu de passer à côté

Lorsqu’un parent est incarcéré, le monde de l’enfant chancelle. Il ne reste qu’incertitude, honte et des questions sans réponse. Mais comment parler à ces enfants de la vie de leur parent derrière les murs de la prison – et ceci ouvertement, sincèrement, et en accord avec leur âge? C’est pourquoi nous avons conçu, en collaboration avec l’illustratrice Andrea Peter, une grande image, qui à travers des scènes illustrées du quotidien en prison et de la vie des enfants concerné.e.s, crée des points de contact entre professionnel.le.s, parents et enfants et facilite ainsi le dialogue.

Renforcer les droits de l’enfant dans le système judiciaire

L’incarcération d’un parent touche les enfants directement et les accable, ils sont donc en droit d’être informé.e.s. On a longtemps manqué de données fiables sur le nombre d’enfants touché.e.s. Les services spécialisés estiment que cette situation concerne jusqu’à 9000 enfants en Suisse.

C’est pourquoi nous avons conçu, en collaboration avec l’illustratrice Andrea Peter, une grande image, qui à travers des scènes illustrées du quotidien en prison et de la vie des enfants concerné.e.s, crée des points de contact entre professionnel.le.s, parents et enfants et facilite ainsi le dialogue. Cela concrétise un système abstrait pour les enfants qui apprennent que leur point de vue compte.

Les services spécialisés estiment que cette situation concerne jusqu’à 9000 enfants en Suisse.

Wimmbelbild für Kinder inhaftierter Eltern
Un processus de développement rigoureux

Dès le début, spécialistes de la justice, parents incarcérés, proches et enfants ont été impliqué.e.s dans le processus de développement. Leurs expériences ont été partagées dans des entretiens, tests et enquêtes: Qu’est-ce qui fait peur? D’où viennent les malentendus? Quelles informations manquent?

«L’image aborde de nombreux aspects de la vie. Je sais [ ] par notre enfant qu’il.elle s’est senti.e très seul.e. [ ] La tristesse de l’absence du père au jardin d’enfants, aux matinées de visite, les questions des autres enfants sur les raisons de l’absence du père. Je pense que c’est un sujet délicat pour le père et l’enfant; ni l’un ni l’autre ne veut blesser en se parlant, ou bien l’enfant n’ose pas demander pourquoi le délit a été commis.» – Des proches d’une personne incarcérée s’interrogent sur la question de savoir si cette grande image reflète bien le quotidien de l’enfant.

Ce type de retour a été directement intégré à la conception, le processus participatif étant essentiel au développement de l’image.

La grande image illustre les mondes parallèles de toutes les personnes concernées. Pendant les heures de visite en prison, elle crée une atmosphère adaptée aux enfants, ici et maintenant, et rapproche les familles de manière ludique grâce à des images et des histoires dans une situation de vie difficile.

Lara Künzler Spécialiste Programmes nationaux

Qu’y a-t-il dans la grande image?

Un enfant attend sa mère incarcérée dans le parloir, ou un père incarcéré participe à l’anniversaire de l’enfant par appel vidéo. La grande image montre clairement toutes les personnes impliquées: professionnel.le.s à l’écoute, parents responsables et enfants autorisé.e.s à poser des questions. Cela en fait un instrument de sensibilisation et de dialogue, et contribue à des visites plus adaptées aux enfants dans les prisons.

La grande image met en lumière tous les acteurs concernés : les professionnels à l'écoute, les parents qui assument leurs responsabilités et les enfants qui ont le droit de poser des questions. Il devient ainsi un outil de dialogue.

Lorsqu’on a demandé à une mère si elle regarderait l’image avec son enfant, elle a répondu:

«Oui, bien sûr. J’ai souvent l’impression qu’il est parfois très difficile pour mon enfant d’imaginer ce que son père fait toute la journée, à quoi il s’occupe, à quoi peut ressembler la vie en prison. [ ] cela aide aussi beaucoup à comparer le monde en prison avec le monde à l’extérieur et ainsi à engager la conversation.»

À propos de l’illustratrice Andrea Peter

En collaboration avec l’illustratrice bernoise Andrea Peter, Save the Children a conçu une grande image qui montre bien le quotidien en prison vu par les enfants. Des scènes illustrées et riches en détails permettent de bien percevoir ce que les enfants ont souvent du mal à exprimer avec des mots. Andrea Peter a fait ses études à Berne et à Lucerne. Elle apporte au projet la sensibilité nécessaire et la profondeur créative grâce à sa formation en pédagogie artistique et en illustration. Elle a déjà publié plusieurs livres pour enfants et préfère travailler au crayon, en sérigraphie et à la gouache.

Crédits photos: Barbara Hess